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Vosges

Bilan départemental de l'étude sur la leptospirose

Publié le 03/08/2016 |

 L’espèce la plus fréquemment porteuse des leptospires est le hérisson.

La leptospirose refait parler d’elle depuis quelques années. De plus en plus de cas humains sont en effet recensés et une étude menée depuis 2013 par l’Eliz tente de comprendre quels animaux sont porteurs et transmetteurs des leptospires. Les Vosges font partie de la trentaine de fédérations qui a participé à ce vaste projet.

L’étude lancée en 2013 par l’Eliz (Entente de lutte interdépartementale contre les zoonoses) a pour objectif de comprendre quelles espèces de mammifères porte et peuvent excréter quelles souches de leptospires dans la nature. Elle a été menée avec la collaboration du laboratoire des leptospires de l’école vétérinaire de Lyon (VetAgroSup), de la Fédération nationale des chasseurs et l’Association des directeurs de laboratoires vétérinaires.

L’étude a couvert trente départements et consistait en l’analyse, avec des outils de biologie moléculaire, des reins de toutes les espèces de mammifères terrestres à l’exception des rongeurs dont on connaît déjà le rôle dans la transmission.

Ainsi de la belette jusqu’au cerf, c’est la capacité de portage dans les reins de plus de 28 espèces de mammifères qui a été évaluée.

3738 reins ont été collectés par les fédérations des chasseurs grâce à leur réseau d’acteurs de terrain, chasseurs, piégeurs, techniciens extrêmement bien répartis sur tous les territoires.

142 reins provenant des Vosges ont ainsi été analysés par le laboratoire vétérinaire départemental. Ces résultats ne sont pas spécifiques du département. Il ne s'agit pas de faire une étude cartographique de la maladie mais d'étudier les résultats globalement. Cette zoonose peut apparaître n’importe où, ce sont les résultats par espèce qui sont importants.

Il s’avère que l’espèce la plus fréquemment porteuse de ces bactéries pathogènes est le hérisson. Tout comme le rat, espèce réservoir connue et porteur quasi exclusif d'une souche, le hérisson est lui aussi porteur d’une seule souche de leptospires pathogènes qui commence à apparaître chez l’homme comme chez les animaux. On peut ainsi se demander si comme le rat, le hérisson ne serait pas une espèce réservoir, ce à quoi l'on ne s'attendait pas au démarrage de l'étude. C'est notamment sur cette question que vont porter les prochains travaux de l'ELIZ.

Transmissible à l’homme et aux animaux

La transmission de la maladie peut s'effectuer soit par contact direct avec les urines des animaux réservoirs soit par les eaux douces souillées par ces urines. À une température supérieure à 4°C, l'eau douce permet une survie prolongée des leptospires. L’homme est sensible à ces bactéries et si généralement l’infection se traduit par un syndrome grippal sévère, les cas les plus graves nécessitent une hospitalisation d’urgence pour des complications rénales, pulmonaires ou méningées. Environ 1 % des personnes atteintes mourront de cette infection.

Les chiens peuvent également en mourir en 48 heures, les chevaux devenir aveugles et les leptospires peuvent provoquer des avortements dans les élevages bovins, ovins ou porcins.

Lien vers les résultats pour les prélèvements réalisés dans les Vosges : http://www.federationchasseur88.fr/spip.php?article252

 

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