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VOSGES

CHEVREUILS : une mortalité inquiétante

Publié le 26/10/2017 |

Depuis quelques mois, nous observons une mortalité anormale concernant les chevreuils sur certains secteurs du département. En effet, des chevrillards ont été retrouvés sans que nous ayons pu déterminer précisément la cause de mortalité. Certains sont actuellement en analyse auprès du laboratoire vétérinaire d’Épinal.

 

De plus, les derniers épisodes pluvieux ont favorisé le développement d’une maladie particulièrement virulente chez les chevreuils : la strongylose induit un petit ver parasite (le strongle). On peut retrouver cette maladie sous deux formes : la strongylose gastro-intestinale et la strongylose pulmonaire.

La strongylose gastro-intestinale

Les nématodes parasitant l’appareil digestif sont de petits vers filiformes de quelques millimètres de longueur vivant dans la caillette et l’intestin grêle. Expulsés avec les excréments d’un sujet déjà infesté, leurs œufs éclosent à même le sol. Après avoir évolué au cours de trois cycles diffé­rents, les larves quittent les matières fécales et grimpent au sommet des plantes herbacées. L’infestation d’un autre chevreuil se produit lors de l’in­gestion de sa ration quotidienne de trois à quatre kilos de matière verte. Son tube digestif est alors colonisé par les larves qui deviennent adultes au bout de quelques jours. Ces para­sites se nourrissent du sang de l’ani­mal et leur présence dans le tube digestif diminue l’absorption intestina­le des aliments. Les symptômes se traduisent donc par une anémie plus ou moins marquée, un poil hirsute, une déformation des bois chez les brocards, une diarrhée souillant les membres pos­térieurs. Les sujets malades sont tristes, se déplacent lentement et s’enfuient sur de courtes distances.

La strongylose pulmonaire

Très répandue et particulièrement grave chez le chevreuil, la strongylose pulmonaire est fréquemment asso­ciée aux strongyloses gastro-intesti­nales. Cette parasitose est causée par des nématodes, vers très fins, blancs ou bruns, dont le cycle évolutif exige parfois un hôte intermédiaire (escargot, limace terrestre ou aqua­tique). Les vers adultes vivant dans les poumons pondent des œufs qui donnent rapidement des larves. Celles-ci remontent la trachée vers la bouche pour être ensuite avalées, puis transitent dans l’intestin pour être enfin évacuées avec les excréments vers le milieu extérieur où elles deviennent infestantes en quelques jours. Identique à la strongylose gas­tro-intestinale, le mode de contami­nation se fait par l’ingestion de plantes herbacées. Les larves avalées traver­sent l’intestin, passent dans le sang, gagnent les poumons où elles devien­nent adultes et commencent à pondre. Les animaux malades mai­grissent et sont victimes d’importantes gênes respiratoires – essoufflement marqué, toux rauque. La strongylose pulmonaire est appelée com­munément « bronchite » vermineuse.

Cette maladie ne conduit pas systématiquement à la mort de l’individu mais peut parfois l’affaiblir considérablement, entraînant bien souvent une baisse du système immunitaire pouvant conduire à des infections plus graves. Elle n’entraîne pas une baisse significative de la population dans la mesure où elle ne se conjugue pas avec d’autres facteurs.

Soyez donc vigilants sur vos territoires de chasse : adaptez vos prélèvements et privilégiez le tir des animaux que vous estimez en mauvaise santé (maigres, se déplaçant avec difficulté, avec une diarrhée visible…). Si vous observez un épisode particulièrement important, vous pouvez également minimiser les points de rencontre potentiels entre les individus (notamment les pierres à sel qui facilitent l’ingestion des larves). 

Dans le cadre de la surveillance sanitaire départementale via le réseau SAGIR, n’hésitez pas à nous faire savoir si vous remarquez une mortalité anormale sur votre territoire en contactant la fédération au 03 29 31 10 74.

Photo : @ Gest Dominique