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Vosges

Sanglier : pensez aux prélèvements trichine !

Publié le 26/05/2017 |
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La trichine (Trichinella spp) est un ver rond (nématode), parasite microscopique de certains mammifères (monogastriques). Il vit dans les cellules musculaires striées squelettiques de l’animal qu’il parasite et est l’agent de la trichinellose, une maladie animale transmissible à l’homme (zoonose).

La trichinellose touche de nombreux animaux sauvages (carnivores, omnivores, oiseaux carnivores et détritivores) et domestiques (chiens, chats, porcs, chevaux) ainsi que l’homme.

Les vers adultes vivent dans l’intestin de l’hôte. Ils s’y accouplent et les larves produites migrent vers les muscles où elles s’enkystent et peuvent rester vivantes plusieurs années. Les animaux et l’homme s’infestent donc en consommant de la viande contaminée. Le plus souvent, on n’observe aucune manifestation chez ces animaux, ni aucune lésion visible à l’examen des carcasses. Chez l’homme, en revanche, l’ingestion de trichine peut conduire à de graves problèmes de santé (diarrhée, fièvre, œdème du visage, douleurs musculaires et signes nerveux) avec des séquelles parfois irréversibles.

Prévention

La prévention de la trichinellose passe par le contrôle systématique des viandes à risque (porc, sanglier, cheval) avec un test de diagnostic direct : identification du parasite après une digestion artificielle d’un échantillon musculaire. Lorsqu’une viande ne peut être contrôlée, alors elle doit être consommée cuite à cœur (plus de 71°C). La congélation domestique ne peut être considérée comme fiable car elle doit prendre en compte des paramètres tels que l’épaisseur de la viande et le fait qu’un congélateur domestique n’atteint pas de façon certaine une température de - 20°C.

En ce qui concerne les charcuteries, seuls les produits cuits (pâtés, rillettes, saucissons à l’ail…) permettent la destruction du parasite, en revanche ni la salaison, ni la fumaison ne sont considérées comme des méthodes assainissantes.

La trichine et le sanglier

Depuis 2008, la recherche de larves de trichine sur les viandes de sanglier est obligatoire pour la vente directe (boucher, traiteur, restaurateur, centrale d’achat) et pour l’organisation des repas de chasse et des banquets associatifs. Elle est conseillée pour tout autre usage de venaison de sanglier (usage domestique privé, cession entre chasseurs et voisins, etc.). Dans ce cas, le chasseur est tenu d’informer le consommateur du risque de trichinellose.

Dans les Vosges, la recherche de larves de trichines est effectuée par le Laboratoire départemental vétérinaire et alimentaire des Vosges à Épinal.

Comment effectuer une analyse ?

Le formulaire de transmission pour l’analyse trichine, doit être dûment complété et retourné avec votre prélèvement et la languette du bracelet. L’analyse est financée par la fédération des chasseurs des Vosges, elle est gratuite pour vous !

Attention, pour toute analyse trichine, les prélèvements sur l’animal doivent correspondre obligatoirement à une partie de la langue ou du pilier du diaphragme.

Ces prélèvements doivent être effectués par un préleveur habilité ayant suivi la formation « hygiène et venaison ».

Pour rappel, chaque prélèvement doit peser au moins 100 g de matière et être déposé au Laboratoire départemental vétérinaire des Vosges chaque mardi avant 9 h pour que l’analyse soit faite dans la même semaine.

Au moment du bilan de fin de saison 2016-2017, le constat est amer : trop peu de sangliers ont été analysés par rapport au nombre d’animaux prélevés et au nombre de personnes formées.

Pour la saison à venir, il faut que tous les détententeurs d’un plan de gestion sanglier se mobilisent pour réaliser plus d’analyses.

Télécharger la fiche de transmission des prélèvements pour la recherche de trichine