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Meuse

Zoom sur... la convention cervidés

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En octobre 2014, un article de "Chasseurs de l’Est" évoquait l’existence d’une convention ayant pour but de permettre le suivi de l’équilibre des forêts et des populations de cervidés. Les signataires sont l’Office national des forêts (ONF), l’Association des communes forestières (Cofor), le Centre régional de la propriété forestière (CRPF), le Groupement de gestion et de développement forestier de la Meuse (Gedefor), le Syndicat des forestiers privés de la Meuse (Sylvobois), l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), la direction départementale des Territoires (DDT) et la fédération des chasseurs (FDC 55). Dans un premier temps, il a été décidé de démarrer par huit massifs : 17, 18, 19, 23, 29, 33, 38 et 45.

Le premier protocole lancé reposait sur la pesée des chevrillards. À l’aide d’un peson électronique fourni par la FDC 55, les adjudicataires ont été sollicités pour sexer, dater et peser les chevrillards vidés et retransmettre les données en fin de saison à la fédération. Il faut un échantillon suffisant pour permettre un suivi interannuel.

Un deuxième protocole a été lancé par des comptages nocturnes sur des circuits identifiés, afin d’assurer le suivi des populations de grands cervidés. Il faut une répétition par trois fois, pour que les résultats soient suffisamment précis.

Un troisième protocole repose sur des circuits dans et hors-forêt, parcourus de jour deux matins et deux soirs. Des indices kilométriques diurnes en sont déduits pour les chevreuils. Cette méthodologie a été validée par les spécialistes de l’ONCFS.

Enfin, un dernier protocole est basé sur un maillage de points en forêt, sur lesquels la consommation de la végétation par les cervidés est notée. Des indices de consommation (IC) sont alors calculés et c’est leur évolution qui sera suivie. Pour ce protocole, il est fait appel au savoir-faire de l’ONF. Il est certain que les données doivent être obtenues sur au moins trois ans, car c’est bien leur tendance qui permettra de tirer des enseignements, quel que soit le protocole, même si celui sur le poids des chevrillards peut réagir très rapidement. On l’a constaté récemment avec un impact de la météo sur la reproduction. En 2013, de nombreux chevrillards ont été absents.

Le rôle des chasseurs

Pour chaque massif, un relais local s’assure de la programmation des protocoles et de leurs bons déroulements. Les différents organismes signataires de la convention assument une grosse partie de la main-d’œuvre nécessaire aux protocoles.

Par ailleurs, la participation des chasseurs est largement encouragée. Ce sont eux seuls qui peuvent fournir les pesées de chevrillards. Ils peuvent également demander à suivre un circuit de nuit, ou même à terme réaliser eux-mêmes des circuits diurnes après les avoir suivis avec les techniciens en charge du dossier. Pour les IC, il est nécessaire qu’ils soient réalisés par des forestiers professionnels, qui peuvent cependant être accompagnés par des observateurs. Cette dernière démarche est pratiquée depuis plusieurs années dans le massif 45 dans une ambiance cordiale.

Ces démarches ont comme but de recueillir des données de terrain qui seront objectives et partagées. Cela sera sans aucun doute une aide à la décision, notamment pour les futurs plans de chasse petits et grands cervidés. Par contre, il n’en sortira pas une vérité absolue, car en matière de gestion du « vivant », l’humilité veut que l’on doive rester prudent.

Ph. VUILLAUME