Après neuf mois de travaux, la Fédération des chasseurs de la Moselle a inauguré le 9 octobre son parcours d’examen du permis de chasser, au cœur de son centre de formation de Morhange. Près de 300 candidats par an peuvent s’y former.
Pendant des décennies, l’épreuve pratique s’est déroulée au ball-trap club de Verny. Le conseil d’administration a choisi de la rapatrier à Morhange, sur un site qui appartient aux chasseurs mosellans. Acquis au début des années 2000 avec une vocation pédagogique, il couvre aujourd’hui plus de 71 hectares et s’est construit étape par étape : salle Eugène Mertz, site du Hellenwald.
« Morhange est très central dans le département », souligne Pierre Lang. Ancien stand de tir des armées, le terrain était aussi « assez facilement adaptable du point de vue sécurité ».
Un équipement pensé pour l’examen
Lancés en janvier 2026, les travaux ont doté le centre d’une salle d’examen, d’un auvent, d’une salle de remise des permis et d’un parcours entièrement neuf, implanté en pleine forêt. Il compte sept lanceurs de plateaux d’argile et un sanglier courant. Le parcours a reçu l’accréditation de l’Office français de la biodiversité (OFB), condition indispensable pour un examen officiel et national organisé pour le compte de l’État.
La sécurité, fil conducteur
Le candidat suit une demi-journée de formation théorique à Metz puis une journée et demie de formation pratique. L’examen compte cinq ateliers, quatre pratiques et un théorique, notés sur 31 points selon un barème national. Les ateliers pratiques reproduisent des situations de chasse : tir simulé, rangement d’une arme pour son transport en véhicule, tir réel sur plateaux d’argile, simulation de chasse collective au grand gibier.
Le résultat du tir n’est pas noté. « C’est 98 %, 99 % lié à la sécurité », précise Raphaël Wittische, technicien à la Fédération. L’examen est orchestré par les services de l’OFB : « C’est comme quand on passe le permis de conduire, il y a un formateur et ce sont les services de l’État qui font passer le permis. » Le barème s’appuie sur les accidents constatés sur le terrain : une faute grave est éliminatoire, et trois avertissements suffisent à recaler un candidat, qui pourra ensuite se représenter à une autre session. Un candidat recalé peut repasser sans limite de tentatives : sur une saison, un peu plus de 70 % des candidats réussissent. « Nous sommes intransigeant avec la sécurité », prévient Raphaël Wittische.
Former davantage
L’objectif est double : former les futurs chasseurs dans les meilleures conditions et accueillir davantage de candidats. Jérôme End y voit « un signal positif, qui montre à quel point la chasse continue à se former, à se professionnaliser ». Le site accueillera aussi la formation sécurité décennale, obligatoire pour tous les chasseurs avant 2030. « Les futurs chasseurs qui foulent ce parcours sont ce que la Fédération a de plus précieux. C’est l’avenir de la chasse qui se joue désormais à Morhange », conclut Pierre Lang.
Le reportage est à retrouver dans le n°185 du Chasseur de l'Est







