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Moselle - récit de chasse

Chasse à l'arc à Terville

Publié le 01/02/2017 |

ll y a quelques années le maire de Terville (Arrondissement de Thionville) faisait confiance aux archers pour réguler les animaux sauvages sur sa commune: un choix original et courageux. Entre 5 et 10 animaux sont ainsi prélevés chaque année aux portes de la ville, entre autoroute, parcours de santé et jardins. Récit de chasse l’un des archers.

« Mercredi 11 janvier 2017, je décide d’aller chasser au parcours de santé dans l’espoir de prélever un beau sanglier que j’ai croisé à plusieurs reprises. Arrivé au parking principal vers 16h30, je me mets en route sans plus attendre, il me reste une heure de chasse avant que le bois ne devienne trop sombre. Le vent est bien établi et les premières gouttes de pluie se font entendre sur le sol. Malgré tout, la luminosité est bonne et quelques coureurs en profitent pour s’oxygéner les poumons.

Dès mon entrée dans le bois, j’aperçois des boutis frais du matin, c’est de bon augure. Les traces m’amènent vers une maison inhabitée qui borde le bois, le jardin à l’abandon recèle de ronciers et il arrive parfois qu’un sanglier s’y remise.

Trois mois auparavant, un sanglier avait été fléché à cet endroit mais malheureusement l’animal n’avait pas été retrouvé.

J’arrive discrètement à hauteur de l’habitation, face à moi un petit muret longeant la lisière du bois. Les ronciers situés dans le jardin semblent bien fréquentés. Du regard, j’observe les alentours et découvre avec une immense surprise... un sanglier couché à 5 mètres de moi ! Non pas dans la propriété, mais sur ma droite en lisière du bois à quelques mètres du muret. Incroyable ! L’animal est de dos, couché sur son flanc droit, à peine dissimulé, il est comme chez lui. Je ne bouge plus, le palpitant s’envole ! Le plus silencieusement possible, je pivote de 180°, encoche une flèche et arme. C’est alors qu’il pointe son groin vers le ciel.

Il sait, il sent que quelque chose est en train de se passer, un bruit suspect ou un effluve lui sont sans doute parvenu. Il se met brusquement sur pied… mon cœur s’emballe de plus belle, j’ai l’impression qu’il va sortir de ma poitrine, j’en ai la chair de poule. Un beau mâle d’au moins 70 kg est là, de dos et il ne sait pas que je suis à quelques mètres derrière lui. Mon pin est sur l’animal, je suis prêt, j’attends le bon moment... il se doute de quelque chose, alors il se décale en direction du muret pour rejoindre les ronciers. Il hésite, la distance qui nous sépare est de moins de 10 mètres et c’est à cet instant qu’il m’offre un ¾ arrière. Mon cœur s’emballe à nouveau, le moment fatidique est là, mon pin est sur ses dernières côtes… je décoche, ma flèche s’envole ….. *spok* Il bondit !

Part en trombe, saute le muret, s’enfonce dans les ronciers, disparaît de ma vue mais réapparaît rapidement à une vingtaine de mètres dans une prairie bordant la maison, il regagne la forêt à vive allure puis disparaît. Je souffle... quelles émotions !

Je prends le temps de retrouver mes esprits et j’appelle aussitôt un ami pour partager cet évènement. Je n’attends pas plus d’une ½ heure pour aller sur l’Anschuss car il commence à faire sombre. Je ne retrouve pas ma flèche mais rapidement du sang. Les traces dans l’herbe m’amènent à l’entrée du bois où je trouve du sang sur les baliveaux. Je suis la piste sans difficultés sur une centaine de mètres jusqu’à des épines noires, mais il fait nuit désormais. J’ai un peu peur de me retrouver à quatre pattes face à ce mâle certainement remisé dans l’épais, je préfère abandonner… Ce sera demain avec un conducteur.

Christophe, conducteur émérite de l’AMRS, accompagné de son rouge de Bavière « Fidji », démarrent la recherche alors qu’il a plu toute la nuit. Plus une seule trace de sang et aucun indice apparent mais cela ne les empêchera pas de retrouver ce mâle à 500 m de l’Anschuss, encore un grand bravo au couple, ils ont fait un travail incroyable ! L’animal gît sur le sol, il est beau… que dis-je, il est magnifique... Un mâle bien armé qui accusera 66kg vidé, je pensais plus mais l’essentiel n’est pas là.

Et pour finir, en éviscérant l’animal, je vais faire la découverte d’un kyste sur les côtes dans lequel se trouve une bilame plantée dans le cuir, l’atteinte était très bonne « défaut d'épaule », mais la lame n’a pas suffisamment pénétré. Il n’y a que deux centimètres à l’intérieur de la bête. Le voilà notre sanglier fléché trois mois auparavant !

Xavier

Bilan

Flèche tirée ¾ arrière, pénètre au niveau de la dernière côte et ressort défaut d’épaule. Atteinte : foie, poumon et cœur. Distance de tir : moins de 10 mètres.

Distance de fuite : 500 mètres.

Arc Mathews hélium 60 lbs 28.5 d’allonge.

Tube Carbon Express Maxima Red, 28“Lame G5 montec 125 grs

© couverture : Cylonphoto – Fotolia.com