La fête de la chasse et de la nature a drainé des milliers de visiteurs à Atton, sur le site de la Fédération départementale des chasseurs de Meurthe-et-Moselle, les 6 et 7 juin 2026. Un week-end placé sous le signe des traditions, de l’artisanat et de la biodiversité.
Dès les premières heures, les allées se remplissent d’un public venu bien au-delà du seul cercle des chasseurs. Familles, curieux, passionnés de nature ou simples promeneurs convergent vers cette manifestation bi-annuelle où les conversations se mêlent aux sonneries de trompes, aux aboiements des chiens de chasse et aux rires des enfants, dans une atmosphère résolument conviviale.
Sous un soleil généreux, le vaste domaine s’est transformé en un véritable village dédié aux savoir-faire ruraux. Une quarantaine d’exposants y dévoilent leurs spécialités : artisans, armuriers, artistes, fabricants d’équipements cynégétiques, associations naturalistes ou encore éleveurs de chiens.
Une fête qui rassemble bien au-delà des chasseurs
« Cette fête est avant tout un lieu de rencontre où se côtoient passionnés et visiteurs venus découvrir un univers parfois méconnu, avec de nombreuses animations à la clé », résume Gaspard Vautrin, directeur de la Fédération départementale des chasseurs. « C’est une vitrine à ciel ouvert qui permet aussi d’échanger sur les enjeux environnementaux et la culture rurale. »
Au détour des stands, les regards s’attardent sur des réalisations qui relèvent parfois de l’œuvre d’art. Les lames en acier damas du coutelier Daniel Vally voisinent avec les élégantes trompes de chasse façonnées par la maison Périnet, dont le savoir-faire se transmet depuis près de deux siècles. Les cuivres donnent d’ailleurs le ton dès l’inauguration. Les sonneurs accueillent les officiels avant de laisser place, dès l’après-midi, aux démonstrations du Rallye Trompes de Lorraine.
Les initiations attirent petits et grands. Les enfants s’essaient à souffler quelques notes sous les conseils de Nathalie Fonty : « Bien respirer et rester concentré sur l’air que l’on inspire ou rejette, c’est essentiel ! » De son côté, Joël George, membre des Trompes de chasse du Grand Est, délégué régional de la FITF (Fédération Internationale des Trompes de France), détaille les secrets d’une bonne respiration abdominale et propose un mini-concours dans une ambiance bon enfant.
Entre patrimoine et biodiversité
Quelques mètres plus loin, le silence remplace les fanfares devant l’impressionnante exposition cynégétique. Alignés sur les murs de la Fédération, 853 trophées de brocards et 233 de cerfs témoignent de la saison 2025-2026. Derrière ces bois et mâchoires de cervidés ou de chevreuils soigneusement présentés, se cache bien davantage qu’une collection. Pour les chasseurs, ils constituent un précieux indicateur de l’état des populations sauvages et de l’efficacité des plans de gestion qui orienteront les prélèvements futurs.
La fête est aussi l’occasion de rappeler les missions que les chasseurs revendiquent en matière de préservation des milieux naturels. Gestion des populations, plantation de haies, suivi scientifique de certaines espèces ou actions en faveur de la biodiversité sont largement présentés. Les Compagnons du Chêne Noir détaillent notamment leur programme de recherche consacré au chevreuil depuis près d’un demi-siècle grâce au marquage et au suivi des animaux dans leur milieu naturel.
Même les pêcheurs ont trouvé leur compte autour d’un stand dédié aux écrevisses exotiques envahissantes. Une occasion pour sensibiliser aux dégâts que ces espèces causent aux populations locales indigènes, tout en faisant découvrir les techniques de la pêche à la balance.
Des animations pour découvrir la nature autrement
Partout, les animations attirent un public familial. Jeux pédagogiques sur la faune sauvage, reconnaissance des mammifères et des oiseaux, espèces chassables, structures gonflables ou initiation au tir à l’arc occupent les plus jeunes. Les enfants d’Élodie Lapointe ne cachent pas leur enthousiasme. Leur mère, présidente de la délégation des chasseresses de Lorraine, rappelle que près de 150 femmes sont aujourd’hui titulaires du permis de chasse dans la région. À l’image de Laurène Marsegan qui retrouve des amis autour d’un rafraîchissement. Chasseuse depuis treize ans, elle confie adorer « les traques du grand gibier, les chiens, l’ambiance avec les copains, le contact avec la nature et les longues journées passées en forêt ». Son amie Floriane Mecrin partage chaque week-end la même passion née il y a six ans, en compagnie de son ami Alan. Pour toutes deux, la chasse est aussi une histoire de convivialité et de retrouvailles.
Transmettre des valeurs autant qu’une passion
L’effervescence gagne ensuite le pôle canin où les démonstrations mettent en valeur les qualités de nombreuses races de travail, chiens d’arrêt, broussailleurs… Les visiteurs observent avec attention les animaux évoluer avant de s’attendrir devant un jeune chien promis à rejoindre Mélanie et Johan Finck. « Nous venons adopter Bjorn, 2 mois, un mignon Oysel allemand, leveur de gibier, docile, sociable ». Puis les regards convergent vers la carrière équestre. Caroline Curé entre en scène avec son fidèle Amadéo. Au pas, au trot puis au galop, la cavalière décoche ses flèches sur les cibles avec une précision remarquable. Entre deux démonstrations, elle explique sa démarche, inspirée de l’écoute du cheval et de la relation qu’elle développe avec l’animal dans son activité de thérapeute et de formatrice. Le temps semble suspendu tandis que le public accompagne chaque tir d’un silence admiratif.
En fin d’après-midi, les parfums de pâté lorrain et de travers de porc aux herbes remplacent peu à peu ceux des sous-bois. Les longues tablées se remplissent, les discussions se prolongent et chacun partage ses découvertes. Nouveau titulaire du permis de chasse, Benjamin Peters résume à sa manière l’esprit de ce rassemblement. Au-delà de la pratique, il dit avoir trouvé dans le monde de la chasse des valeurs qu’il souhaite transmettre à ses petites filles : « l’amour de la nature, le respect des animaux et des traditions qui font notre France ». À Atton, le temps d’un week-end, c’est précisément ce dialogue entre patrimoine, convivialité et découverte qui aura rassemblé plusieurs milliers de visiteurs.
Yanick Overney







